ARGENTINELEE

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Database Panorama

 

Database Panorama
Argentinelee & Sébastien Szczyrk
Exposition : Power Tower : Paris – Busan
Lieu : Soul Art Space, Corée
2007

Œuvre présentée :
• 1 Projection Vidéo de 20' avec musique originale de Sébastien Szczyrk
• Dimensions de l'installation : L 4 m × H 2,50 m

Vue de l'exposition Power Tower Paris–Busan : X-Vision, œuvres d'Argentinelee et Sébastien Szczyrk

Soul Art Space
485-13 Kuseo1dong, Kumejungku
607-833 Busan, Corée du Sud
Tel : +82. 51. 581. 5647
Site Web : http://www.soulartspace.com

Vue de l'exposition Power Tower Paris–Busan : X-Vision, œuvres d'Argentinelee et Sébastien Szczyrk

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" […] ARGENTINE LEE et SEBASTIEN SCZYRCK poussent le parallèle entre le système urbain et l'architecture informatique, nous plaçant face à l'évidence de cette nouvelle infrastructure technique de l'espace, sa réalité organique qui croît derrière les cloisons : nerfs, veines, appareils respiratoire et digestif… Le bâtiment technologique impose ses propres contraintes et un fonctionnement autonome. Il veille même sur nous..." _ Mathieu Margerin _ commissariat invité pour l'exposition « Power Tower : Paris - Busan »

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Database Panorama - Argentinelee & Sébastien Szczyrk (Cybernétique)


Database Panorama se déploie comme une projection vidéo sonore fondée sur la superposition de deux régimes architecturaux : l'architecture constructive et l'architecture électronique. La tour, conçue non plus comme un simple édifice mais comme un dispositif, condense les formes modernes du pouvoir politique et économique, historiquement adossées aux technologies mécaniques, architecturales et communicationnelles.

En écho aux analyses foucaldiennes, la tour fonctionne comme un appareil de visibilité et de contrôle. Vue depuis son socle, elle incarne une verticalité du pouvoir : un point élevé depuis lequel le territoire est observé, mesuré et administré. Les antennes situées à son sommet matérialisent la circulation permanente de l'information, tandis que les espaces les plus proches du ciel deviennent des lieux de décision, où s'élaborent les stratégies économiques et politiques globales. La tour agit ainsi comme une structure panoptique élargie, où voir, c'est déjà gouverner.

Cependant, à l'ère des réseaux informatiques, cette souveraineté verticale se voit profondément déstabilisée. Comme l'a montré Paul Virilio, le pouvoir ne réside plus uniquement dans l'occupation de l'espace, mais dans la maîtrise de la vitesse et de la transmission. Le monde physique se double d'un espace informationnel où les corps, les déplacements et les comportements sont traduits en données. La localisation cesse d'être géographique pour devenir computationnelle.

Sur le plan formel, les organes électroniques de la tour se confondent progressivement avec le paysage urbain observé depuis sa hauteur. Cette homologie visuelle évoque une logique cybernétique dans laquelle la ville devient interface, et l'architecture, un circuit de traitement de l'information. Les formes géométriques, répétitives et mécaniques sont magnifiées dans leur froide perfection, produisant un environnement où la présence humaine est réduite à une trace résiduelle, presque absente.
La vidéo met ainsi en scène un monde où la fonction politique et économique de la tour est absorbée par les systèmes informatiques eux-mêmes. Le dispositif architectural se transforme en matrice algorithmique, générant une nouvelle forme d'architecture virtuelle, non plus fondée sur la monumentalité, mais sur l'invisibilité, la vitesse et l'abstraction. Ce glissement évoque l'émergence d'un espace de domination déterritorialisé, où le pouvoir s'exerce moins par la contrainte physique que par la modulation continue des flux et des données.

Database Panorama interroge alors la porosité entre réel et virtualité, entre autorité humaine et opération algorithmique. L'œuvre révèle le paradoxe d'une époque où la rationalité technologique, héritière des utopies modernistes, produit un espace d'une précision extrême, mais vidé de sa chaleur humaine. Entre logique cybernétique et effacement du corps, la vidéo propose une expérience visuelle où la souveraineté se déplace, où le regard humain devient secondaire, et où la machine semble désormais regarder, calculer et gouverner à sa place.

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