ARGENTINELEE

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Hanged People

 

1 Performance - Projection vidéo et 1 film (2 min 25 s)
Création vidéo : Argentinelee, Ayumi Morita, Sima Khatami
Création musicale : Sébastien Szczyrk
Échassiers : Hanna Antman, Dimitrie Bessière
Maquillage : Sunsu Kim, Misuk Yoon
Exposition « 21puissance12 », Palais de Tokyo, Paris, France
2003

Palais de Tokyo
13, Avenue du président Paris France
http://palaisdetokyo.com

Performance-vidéo Hanged People à l'ouverture d'exposition :
Présentée sur écran 5 × 4 m dans le cadre de l'exposition « 21puissance12 ».


Une projection vidéo immersive accompagne une composition de musique électronique.

Performance devant les images immersives : Des échassiers évoluent lentement à l'aide de quatre échasses attachées aux quatre membres, produisant des mouvements instables et troublants, évoquant la démarche d'insectes.

Film Hanged People (2 min 25 s) pendant l'exposition
Diffusée dans le cadre du programme télévisé « 21puissance12 ».
Création vidéo : Argentinelee
Création musicale : Sébastien Szczyrk
Participants : Mathieu Rouget, Argentinelee, Sébastien Szczyrk, Léa Lagasse, Dimitrie Bessière, Sunsu Kim

 

Au tournant des années 2000, l'essor mondial d'Internet a profondément transformé le rapport de l'être humain au temps, à l'espace et à la présence. Le contact avec le monde virtuel est devenu une condition centrale de l'existence contemporaine.
Derrière l'apparente immatérialité du numérique se déploie une infrastructure physique et technique — câbles, ondes, ordinateurs, mémoires, systèmes de refroidissement — qui permet au monde virtuel d'acquérir vitesse, fluidité et transparence. Même immobile, l'individu peut désormais traverser des espaces multiples, communiquer instantanément et diffuser des images en temps réel. L'ubiquité devient la norme, tandis que le corps demeure fixé.

Cette dissociation progressive entre présence physique et circulation de l'information modifie en profondeur l'expérience humaine. Le temps consacré aux contacts virtuels dépasse souvent celui des rencontres incarnées, et l'absence de messages ou de signaux engendre une inquiétude diffuse. Il devient possible de passer des journées entières sans rencontrer aucune présence directe.
Alors que les connexions se multiplient, une question demeure : pourquoi le sentiment d'isolement s'intensifie-t-il ? Combien de véritables résonances — ces contacts porteurs de sens et d'affects — le monde numérique ajoute-t-il réellement à nos existences ?
À mesure que l'intensité de la connexion augmente, une forme d'étrangeté inquiétante apparaît. Le monde est saturé de présence, mais l'expérience humaine s'y fragilise. Les émotions circulent sans destination, et le risque d'un repli silencieux dans des espaces individuels se dessine.

Et pourtant, cette attraction n'est pas fortuite.
Elle repose sur une architecture précise du monde numérique, telle que l'a analysée Lev Manovich.
Le virtuel se construit comme une réalité numérisée, fragmentée en modules autonomes, automatisée par des algorithmes, infiniment variable et continuellement transcodée entre logique culturelle et logique computationnelle.
Dans ce régime, les images ne sont jamais fixes, les récits jamais clos, et l'expérience ne se stabilise pas. Tout circule et se reconfigure à une vitesse qui dépasse la capacité humaine de perception et de mémoire. Ce n'est pas seulement le contenu qui change, mais la forme même de l'expérience : une réalité sans original, sans durée, sans ancrage.

C'est dans cette tension — entre la séduction d'un monde fluide et omniprésent et l'inquiétude face à l'érosion du lien humain — que s'inscrit cette œuvre. Elle n'entend ni condamner ni célébrer le numérique, mais en révéler l'ambivalence, et interroger ce qu'il reste de l'expérience humaine lorsque la connexion devient une condition permanente du réel. _ Argentinelee

 

 

https://youtu.be/bH8JgPtNwC8?si=S5FRTHC2xTsMK145

 

 

 

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