ARGENTINELEE

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Swing Machine (Machine de Balançoire)

 

Installation-vidéo avec 1 balançoire (arts numériques) - Argentinelee

Dimension d'espace : L3mxL2mxH4.5m / Mains d’Œuvres
exposition « Aller retour virtuel», Saint-Ouen, France
2007

Mains d’Œuvres
1. rue Charles Garnier
93400 Saint-Ouen France
http://www.mainsdoeuvres.org

Vue de l'installation Swing Machine - Argentinelee, Mains d'Œuvres, Saint-Ouen, 2007.

 

Sénario du mouvement d'aller

Sénario du mouvement de retour

L'œuvre se présente comme une projection vidéo-animée automatisée, structurée par un mouvement continu de va-et-vient. Ce mouvement est entièrement préprogrammé et s'opère sans aucune interactivité humaine. Le dispositif ne réagit pas au spectateur : il se déploie selon une logique interne propre, affirmant l'autonomie de la machine comme productrice de perception.

La structure visuelle simule un point de vue instable, comparable à l'oscillation ressentie sur une balançoire. Pourtant, l'appareil physique demeure immobile. Le mouvement est ici un effet de représentation, généré au niveau du logiciel. Cette dissociation entre mouvement corporel et mouvement visuel illustre une caractéristique fondamentale des nouveaux médias : la mobilité n'est plus liée au corps, mais devient une propriété du code. Le regard se transforme en variable manipulable.

Les images sont composées de formes architecturales urbaines familières, traitées selon des schémas visuels stéréotypés propres à la représentation de la ville contemporaine. Elles ne fonctionnent pas comme des enregistrements directs du réel, mais comme des ensembles de données soumis à des transformations computationnelles. Aux points extrêmes du va-et-vient, les images apparaissent dans un état virtualisé, dérivé de sources photographiques, mais reconfiguré par des effets numériques. Entre ces deux seuils, le système affiche des images relevant d'un régime visuel apparemment « normal ».

Cette oscillation engendre une ambiguïté structurelle entre réel et virtuel. Plutôt que d'opposer ces catégories, l'œuvre s'inscrit dans une logique de base de données : différents états visuels coexistent comme des modules au sein d'un même système. La ville n'est plus représentée comme un espace continu, mais comme un ensemble d'unités visuelles interchangeables, activées séquentiellement par le logiciel.

La balançoire, fabriquée en bois et suspendue au plafond, agit comme une interface physique dépourvue d'utilisateur. Son vide souligne une condition centrale de la culture des nouveaux médias, telle que l'analyse Manovich : l'interactivité y est souvent simulée plutôt que réellement pratiquée. L'objet suggère un engagement corporel possible, tandis que l'absence du corps révèle un système fonctionnant indépendamment de toute action humaine.

Dans cette installation, la vision n'est plus ancrée dans l'expérience humaine, mais redistribuée entre le logiciel, le mouvement algorithmique et des schémas visuels prédéfinis. L'œuvre met en évidence la manière dont les nouveaux médias réorganisent la perception en privilégiant l'automatisation, la variabilité et la modularité au détriment du mouvement incarné. Il en résulte un point de vue généré par la machine, oscillant indéfiniment entre différents états, tandis que le sujet humain est relégué à la position d'observateur d'un système qui regarde et opère par lui-même.

 

 

 

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