ARGENTINELEE

___________________________________________________________________________________________________________________

index

works

bio

contact

 

Femme invisible

Ô Mer !

Peindre la lumière

Cristallisation

Where are you ?

Modul'homme

Plus Minus + -

Crystal skies

Perspective parallèle

Database panorama

Feeling_Engine

X-vision

Mystery Circle

Swing Machine

netingface

DIGICOSMOS

fluid

metastasis

Nirvana

Hanged People

Fragility

Collective Protection

Paris2002

Avez-vous une asprine?

Paradis

Espace Critique

 

Feeling_Engine (Moteur_Sentiments)

 

Exposition personnelle : « La machine de réseaux : Feeling_Engine »
Galerie Michel Journiac
Paris 1 Panthéon-Sorbonne
47 rue des Bergers, 75015 Paris, France

2007

Installation :
• Deux projections vidéo projetées face à face
• Les visiteurs traversent l'espace central de l'installation
• Dimensions : L 8 m × l 5 m × H 3 m

Vue de l'Installation Feeling_Engine - Argentinelee, Galerie Michel Journiac, Paris, 2007.


_

Feeling_Engine (Moteur_Sentiments) — Argentinelee


L'écran gauche se compose d'images glanées sur Internet, extraites de mots émotionnels - bonheur, amour, tristesse, inquiétude… Chaque image converge vers le centre de l'écran, comme si les émotions elles-mêmes étaient entraînées dans un vortex infini. Le moteur de recherche, ici Google, transforme nos sentiments en images numériques réduites à des données statistiques, selon une logique froide et uniforme. Ces données, issues de la participation volontaire des internautes, deviennent matière première d'un univers algorithmique où le ressenti individuel se réduit à des coordonnées codifiées.

L'écran droit, en miroir, montre les masses dans l'espace public — métro, rues, bâtiments officiels. Les passants avancent vers la caméra, leur mouvement calqué sur la vision d'un dispositif de surveillance. Chaque individu devient cible, chaque identité est capturée et transformée en données, comme dans un jeu vidéo.

Dans l'installation, le spectateur perçoit deux flux simultanés : à gauche, les émotions convergées vers un point central ; à droite, les cibles humaines, fragmentées et mises en mouvement. L'expérience du spectateur se fait alors dans l'espace entre les deux écrans : en observant cette interaction, il comprend que l'existence humaine n'y est perçue qu'à travers des traces comportementales, et que les émotions elles-mêmes sont effacées. Ce constat, au cœur de l'installation, souligne la disparition de la subjectivité individuelle face à la logique implacable de la machine.

Le concept de Feeling_Engine interroge la transformation des sentiments humains par la machine. Les émotions se matérialisent selon une logique mathématique, concrétisées dans un espace virtuel où la perception humaine se réduit à des coordonnées géométriques. L'individu est collectivisé, son identité diluée dans la masse. La machine, lentille et matrice à la fois, révèle ainsi un monde où la subjectivité s'efface, laissant place à une beauté froide et abstraite, fascinante et inquiétante.
L'œuvre magnifie la perfection géométrique et la rigueur algorithmique, et montre un univers presque entièrement dépourvu de traces de chaleur humaine. La machine concrétise la perception, transforme l'intime en données et fait du spectateur le témoin d'un monde où la logique prime sur le sentiment, et où la subjectivité individuelle se dissout dans la matrice numérique collective.

 

 

 

up